Sans papier, sans Paris

Puisque j'ai écrit plutôt que d'effacer. Puisque j'ai momifié plutôt que
d'incinérer. Puisque je n'ai pas su souffrir... Nonobstant le fiel dont se
burine à jamais les entrailles profondes de celui qui a subi, dans les flots
troubles des tes larmes salées, larmes sombre douleur du bourreau
victime, noie l'appel mort-né de mon coeur en détresse. Ton refus de ma
main tendue, supplice purgatoire pour mon être en transe de repentances,
bercera les nuits de mon âme agitée.
Une âme en quête de Rédemption
Est-ce une réalité ? Est-ce un roman ? La fiction, bien souvent procède de
la réalité ; ici, elle est poignante, prégnante... drôle, cette drôle de réalité.
Un quotidien fait de mots simples, "Les enfants formaient avec lui
une formidable petite bande de chenapans, ils avaient inventé
leur propre jeu dénommé "Supers coups d'pied"... de mots
inventés, ou empruntés du Bambara... " Avant d'atterrir au foyer de la Rue
de la Procession, Mary Djata avait d'abord été un djonni kounandi" (du
bambara, veinard). Ici, le sans papier raconte, se raconte dans sa vie
de tous les jours. Pas de démonstration, pas d'explication. Un vrai roman
comme l'enfant noir de Camara Laye.
Malick Coulibaly, un jeune enseignant malien a vu partir et revenir
ses frères. Il s'est attelé à raconter dans une langue pleine d'humour et de
nuance, de retenue, sans censure, sans omission, ces espoirs qui
embarquent dans une émulation, sans savoir, ni qui ils veulent égaler, ni en
quoi.
Sans Papier Sans Paris c'est Paris vue d'en bas, du plus bas que possible ;
Paris vue des rues, des foyers SONACOTRA, de chez des cousins et
cousines qui vous hébergent et vous mettent à la porte... le Paris des faux
papiers, de la police... du racisme là où on ne l'attend pas, de la bonté, de
la clémence, là où on ne puit les imaginer...