Yapou, bétail humain. Vol. 2

Réduit à l'état de Tevin 1267, misérable Yapou, les lèvres closes
par une fermeture Éclair, Rinichiro Sebe se tenait à genoux sur le
plancher de la cage de repos. Il avait un collier autour du cou et
les membres entravés par des liens puissamment noués. Lorsque les
dieux blancs avaient quitté la pièce, une trombe d'eau venue du
plafond s'était abattue sur lui pour disperser l'urine dont son corps
avait été inondé.
Yapou, bétail humain est le plus grand roman idéologique qu'un Japonais ait
écrit après-guerre. Ce que j'admire dans ce roman, c'est qu'il apporte la preuve
que le monde change. L'une des prémisses de ce qu'on appelle le masochisme
est que l'humiliation est une jouissance ; à partir de là quelque chose est possible.
Et quand ça se réalise, ça prend la forme d'un système qui finit par recouvrir
le monde entier. Plus personne ne peut alors résister à ce système théorique.
Et tout finit par y être englobé, la politique, la littérature, la morale.
Ce roman parle de cette terreur.
Yukio Mishima