La mulâtre comme il y a beaucoup de Blanches

La mulâtre comme il y a beaucoup de blanches
Les Liaisons dangereuses à Saint-Domingue : tel pourrait être le titre de ce roman sentimental rarissime, réédité ici pour la première fois depuis sa première publication en 1803. Épistolaire comme le roman de Laclos, La Mulâtre... y ajoute une dimension raciale et explore le préjugé raciste, donnant à voir le libertin blanc, Sylvain, et sa proie, la mulâtresse Mimi. Cette dernière, tiraillée entre l'amour et l'inflexible préjugé d'alors contre le mariage mixte, se trouve ainsi face à une variante du drame cornélien et, ne pouvant échapper à son impasse existentielle, subit le sort de Cécile de Volanges. L'excitation préliminaire est longtemps soutenue, faisant intervenir des correspondants qui, selon différentes optiques et pour différentes raisons, font valoir la nécessité du devoir social, mais qui s'avèrent à la fin incapables de vaincre la force d'un amour fatal.
L'introduction jette toute la lumière nécessaire sur la société de « la perle des Antilles » de la fin du 18<sup>e</sup> siècle, celle qui n'a pas survécu à la révolution haïtienne.
« N'est-ce pas plaisant que les blancs regardent la classe des hommes de couleur, qu'ils ravalent tant, quoiqu'ils en soient la source, comme une pépinière de sujets destinés à garnir leur sérail ! »
Mimi à Sylvain