D'abord il dit et ordonna... : testaments et société en Lyonnais et Forez à la fin du Moyen Age

Les testaments sont une source majeure pour les historiens du
Moyen Âge. En Forez et en Lyonnais, certains revêtent une forme
particulière : ce sont des testaments oraux, mis par écrit après la mort
du testateur, voire des années après. À partir du XIV<sup>e</sup> siècle, l'officialité
de Lyon et le comte de Forez imposèrent une procédure régularisée
et l'enregistrement des textes. Parmi les notaires, une élite de prêtres
notaires joua un rôle pionnier dans la diffusion de cette réforme
dans les paroisses de montagne.
Les dépositions des témoins, souvent de très humbles gens,
furent faites en langue vernaculaire. La majorité des 10 000 testaments
enregistrés proviennent de villages. La nature du patrimoine,
les activités, l'organisation de l'habitat, la structure des familles,
sont bien différentes chez les éleveurs de bovins des Monts du Forez
de ce qu'elles sont dans les paroisses viticoles bordant la Saône. Mais
la pratique successorale cherche d'abord à préserver le patrimoine du
morcellement. On constate que les rites funéraires demeurent très
modestes. Quant au clergé, il est souvent peu nombreux, tandis qu'il
est pléthorique et bien organisé à Lyon et Montbrison.
Ce livre - accompagné de documents inédits, édités et traduits -
est une synthèse dressée après trente années de recherche. Il décrit la
pratique testamentaire. Pratique mouvante quand on sait que les
Foréziens pratiquèrent du XIII<sup>e</sup> au XV<sup>e</sup> siècle trois procédures testamentaires
différentes. Il montre la richesse documentaire que révèle
le testament dans les domaines les plus variés : répartition du peuplement,
profession des testateurs, pourcentage des femmes parmi
ceux qui testent et ceux qui témoignent, relations sociales, vie quotidienne,
etc.
Sont fournis enfin un index des noms de lieux, un index des
matières et un index analytique.