Du boudoir à la Révolution : Laclos & Les liaisons dangereuses dans leur siècle

Doit-on lire
Les Liaisons dangereuses comme la célébration du laxisme ? comme la preuve éloquente de l'impossibilité de la fidélité sexuelle et de la futilité de la répression ? comme une démonstration que la révolution commence dans la chambre à coucher ? Ou doit-on au contraire le tenir pour une triste mise en garde contre la vanité et les déceptions de la liberté sexuelle, en tant que stratégie individuelle et projet politique collectif à la fois ? Doit-on considérer que l'érotisme de Laclos nous séduit parce qu'il décrit la transgression ou parce qu'il réduit le sexe à un néant, à une simple poursuite de cet objet, qui sans cesse fuit, qu'est le vrai amour ? La première réponse qui vient à l'esprit est que l'érotisme de Laclos participe des deux, car le texte littéraire contient une ambiguïté qui résiste aux simples alternatives rationnelles de ce genre.
Chef-d'oeuvre de la littérature en langue française et « roman à scandale », Les Liaisons dangereuses est aussi un abrégé de « sagesse concentrée sur les relations sentimentales, sur les règles de base qui les gouvernent ». Cet essai croise les personnages de fiction avec la biographie de Laclos pour mettre à jour la pensée d'un écrivain immergé dans une époque d'expérimentation des questions morales et politiques qui continuent de croiser les nôtres.