Juifs en pays arabes : le grand déracinement, 1850-1975

L'histoire des communautés juives d'Afrique du Nord et du Proche
et Moyen-Orient, certaines vieilles de deux millénaires, a fait l'objet
de lectures superficielles, parfois passionnelles.
Sous l'effet de l'occupation par les Européens, les Juifs d'Orient,
majoritairement séfarades, ont accédé à une forme de modernité
culturelle et parfois à un réel développement économique et se sont
affranchis de l'ancestral statut de dhimmis. Bientôt le conflit autour
de la Palestine et la collusion de certains leaders arabes avec les pays
de l'Axe ont fini de dissoudre les ultimes liens qu'une longue cohabitation
avait jadis établis. Lorsque les puissances européennes
durent lâcher prise, les Juifs furent contraints de partir et de former
une autre diaspora, non sans avoir subi presque partout humiliation
et spoliation, voire parfois violences et pogroms. Du Maroc à l'Égypte
et de la Libye au Yémen sans oublier l'Irak et la Tunisie, des centaines
de milliers d'habitants des pays arabo-musulmans se sont comme
volatilisés en une génération à peine. En outre, ces minorités juives
ont été éclipsées par la prédominance d'un judaïsme ashkénaze lui-même
recouvert par l'ombre immense de la Shoah.
Cet épisode de l'histoire du peuple juif, lourd d'innombrables
drames humains, est aujourd'hui largement oublié, voire occulté.
À l'appui d'une documentation inédite considérable, Georges
Bensoussan envisage ce phénomène dans toute son épaisseur.
Son livre, appelé à faire date, sera pour tous ses lecteurs une
découverte et même pour une partie d'entre eux un véritable choc.