Le comte Léon, bâtard infernal de Napoléon

Incroyable itinéraire que celui de Léon, né en 1806 d'une
maîtresse de Napoléon I<sup>er</sup>, alors que, marié à Joséphine, celui-ci
était convaincu d'être stérile. L'Empereur, qui se préoccupa de ce
premier enfant, dans ses dernières volontés, à Sainte-Hélène, aurait
aimé que son «bâtard» devienne magistrat. Mais l'adolescent prit très
vite un autre chemin...
Excentrique, dandy, joueur, jouisseur, le comte Léon dilapide avec un
génie rarement égalé la fortune que lui a léguée son père. Querelleur et
arnaqueur, il connaît la prison pour dettes. Dépité ou manipulé par des
services secrets, il provoque en duel son cousin, le futur Napoléon III.
Idéaliste et mégalomane, il se porte contre lui candidat à l'élection
présidentielle de 1848, puis ne cesse de lui demander de régler ses
innombrables dettes. Enfin exaucé, il se convertit un temps en chef
d'entreprise, mais ses affaires périclitent les unes après les autres. Il
n'est pas un seul membre de la famille qui n'ait été sollicité pour lui
venir en aide. Le Tout-Paris s'amusait fort de l'incroyable
ressemblance de cet «Aiglon des boulevards» avec Napoléon I<sup>er</sup>, de
ses frasques et des scandales qu'il provoqua, briguant le trône d'Italie
ou attaquant en justice sa propre mère...
Convaincu qu'on lui avait volé son destin, cet histrion, au
tempérament à l'opposé de son très digne demi-frère Alexandre
Walewski, a connu une inexorable descente aux enfers pour finir dans
la misère la plus noire. À travers lui, ce sont toutes les figures
historiques du XIX<sup>e</sup> siècle qui défilent.