Fragments sur la guerre : 1914-1915

La Grande guerre a brusquement séparé Rilke de Paris
où il vivait en 1914. Pour ce poète voyageur de langue
allemande, la guerre fut comme un exil. En sympathie
avec le pacifisme de Romain Rolland et de Stefan Zweig,
sa vision de l'histoire est cependant plus tragique. Dès
les débuts du conflit, on trouve dans sa correspondance
le témoignage d'un poète en temps de détresse, tenté
par le fatalisme mais surtout révolté par les mensonges
guerriers.
Trente ans plus tard, en janvier 1944, un imprimeur
parisien fait paraître ce recueil de lettres. Il le publie dans
la clandestinité sous l'Occupation pour invalider toute
récupération du nom de Rilke par la propagande nazie.
Ces missives prennent dès lors un nouveau sens : elles
disent la nécessaire indignation face à toutes les barbaries
et rappellent la justesse d'une voix authentiquement
européenne.