La maison de terre

Un homme, dans la fin du 19<sup>e</sup> siècle, construit
sa maison, avec de la terre. Tel est le premier
récit de ce livre. Ainsi Jean-Louis Tourbin inscrit-il
un destin familial que, même après sa
destruction, la maison de terre incarnera pour
son arrière-petite-fille, la narratrice. Creuset qui
fonde, et dans lequel fondre, les moments
essentiels d'une vie : l'enfant, ses aubes et ses
présences, la jeune fille, ses à-venir et leurs chutes,
les énigmes de l'abandon, de la souffrance,
et la joie, or buvable ( aurum potabile comme le
nommaient les alchimistes) suspendu dans la
lumière de fin du jour.
L'écriture, ici, est ce chemin creux (celui-là
même qui longeait la maison de terre) par
lequel accéder à ce qui, dans chaque souvenir
singulier, chaque émotion méditée - ainsi
Georges Bataille définissait-il l'expérience intérieure
- fait vibrer l'immémorial, cette mémoire
sans chronologie ni limites qui contient toutes
les mémoires.
Une écriture aiguë, nécessaire, qui fore en des
lieux inattendus de ses phrases les trous par où
surgissent les images venues du dessous.
La maison de terre poursuit le travail entrepris
par Christiane Veschambre depuis Le lais de la
traverse , et scandé par les étapes essentielles des
Mots pauvres et de la griffe et les rubans.