Modes de vie et traditions populaires en Quercy et en Agenais

On peut difficilement imaginer aujourd'hui ce qu'était la vie
quotidienne des habitants du Quercy ou de l'Agenais avant
le milieu du XX<sup>e</sup> siècle. En quelques années, dès la fin de la seconde
guerre mondiale, on a vu disparaître les petites exploitations de
polyculture où on récoltait à la fois des céréales, du vin, des légumes,
où on élevait un peu de bétail et quelques volailles. A leur place,
on trouve aujourd'hui une population nouvelle sans attache avec
la terre et quelques grands domaines spécialisés dans deux ou
trois cultures. Ils sont dirigés par de véritables chefs d'entreprise qui
connaissent l'agronomie, la mécanique et le cours des marchés
mondiaux. Des tracteurs ont remplacé les vaches pour tirer la
charrue, les moissonneuses-batteuses ont fait oublier la moisson et
le dépiquage d'autrefois.
Au sein des familles, les modes de vie ont évolué et les traditions qui
se perpétuaient de génération en génération ont disparu. Le village,
peuplé autrefois de commerçants et d'artisans, est aujourd'hui
désert. À l'aube, la cloche de l'église n'annonce plus l'Angélus ni au
milieu de la journée l'heure du repas. Le dimanche et les jours de fêtes
carillonnées, elle n'appelle plus les paroissiens aux offices. Seule reste
parfois l'école dont le fonctionnement a cependant bien changé.
Marcel Garrouste décrit ici la vie quotidienne et les traditions populaires
d'autrefois, celles d'un monde disparu, connu des seuls vieillards qui,
comme lui, ont passé leur jeunesse dans les champs.