Tabac de Havane évoluant vers le chrysanthème

Jean-Pierre Vinzel aimait les entreprises désespérées et les
phénomènes inexplicables : Dalida, le pétrole, les
caprices des actions, le roquefort, le cosmos, les vins et les
femmes qu'il vénérait davantage qu'il ne les aimait, ce qui
permettait de les neutraliser. Ni avide de donner ni de
prendre, il aurait payé des gens pour introduire dans sa
vie l'aventure, le danger. Il ne serait ami qu'avec des
révolutionnaires et des anarchistes. La cave était son
domaine à lui, son domaine réservé et Rita sentait bien
qu'il lui faisait une faveur en la laissant entrer. Au fond
de la cave, il avait fait aménager un petit carnotzet où il
fallait encore se pencher pour entrer, étroit compartiment
d'un bateau qui appareillait dans le noir. Là, il
faisait asseoir Rita et parlait sans la regarder.
- Celui qui me fascinait le plus vinifiait à La Chapelle-de-Guinchay
dans le Beaujolais, dit-il d'un air mystérieux.
Il s'appelait Jules Chauvet.