Divorces pour faute : divorce de sang

En France, chaque année, cent vingt mille couples divorcent. La moitié d'entre eux choisissent de se déchirer dans une recherche de la culpabilité de l'autre malgré les facilités que la loi leur offre. Culpabilité sexuelle, incompatibilité d'humeur, affaire d'argent ou de manque d'argent, tout est bon pour faire dire au frère, à la sœur, au voisin, au curé du village, combien le divorce est rude et rudes les moyens d'y parvenir à son avantage. Mieux, un divorce peut en cacher un autre, voire deux autres, les procédures s'emboîtent les unes dans les autres : le divorce du couple, le divorce d'argent, le divorce d'avec les enfants.
C'est cela le divorce pour faute : une sorte de recherche de la mort de l'autre, mort lente, de la lenteur des procédures, mort symbolique bien sûr, mais qui peut aussi se terminer par une pendaison ou un coup de fusil dans le fond d'une grange, ou un empoisonnement. Nous sommes au pays de Flaubert, dans l'univers de Maupassant ; la mort rôde dans le village de bois et de torchis où chacun a pris parti pour l'un ou l'autre, où les gosses sont déchirés, examinés, appropriés.
La vie d'un couple, la séparation d'un couple, la banalité des blessures, une vie à reconstruire.