Le débarquement en Provence : 15 août 1944

Le 15 août 1944, une armada alliée mobilisant plus de
moyens en hommes et en matériel que pour le débarquement en
Normandie, surgit au large des côtes de Provence. Elle comprend
notamment 5 cuirassés, 10 porte-avions, 25 croiseurs, 109 torpilleurs
et escorteurs, près de 2000 avions de bombardement et de
chasse, dont 200 embarqués. Plus de 300 000 combattants
investissent les plages. Dans les heures précédentes, le mur
menaçant de barbelés, de mines, d'ouvrages bétonnés, d'artillerie
lourde a été entamé par des bombardements intensifs, mais reste
redoutable.
En profondeur, dans les montagnes de l'arrière-pays provençal,
10 000 parachutistes ont été largués. Ils s'apprêtent à bloquer les
renforts allemands.
L'armée française est de retour en métropole, elle représente
près de 65 % des troupes avec deux divisions blindées et cinq
divisions d'infanterie. Elle attaque en prenant des risques insensés,
dans des sites impraticables. Hitler dira de cet événement : «C'est
le jour plus sombre de ma vie.»
Au prix de difficultés inouïes, la ville de Toulon est encerclée à
partir du 18 août, puis la manoeuvre vers Marseille commence le
20 août. Ces deux grands ports vont permettre de faire transiter
beaucoup plus de fret que les ports artificiels de Normandie,
puis décider de la victoire à l'Ouest. Dès le 25 août, plus de
500 000 hommes sont à pied d'oeuvre pour remonter vers le nord,
par la vallée du Rhône. Un mois plus tard, en Bourgogne, ils vont
effectuer leur jonction avec les troupes débarquées en Normandie.