Comme un silence dans un souffle. Un combat à rotation lente

Voilà un recueil que j'ai voulu sonore. Natifs du silence les mots du poème ne s'assemblent sur la
page qu'après un long travail : de réceptivité à la langue et d'expression de sa musicalité. En terme de
métaphores, de reprise (s) d'un mot, d'une ponctuation, qui aère le texte et scande la lecture... La
beauté espérée, sons et sens, reste d'un point de vue formel ma quête prioritaire.
Pour autant ce travail de composition poétique n'est pas sans collusions avec la musique des notes
et les écrits d'autres auteurs. La première, écoutée dans le cadre d'un concert ou d'un enregistrement,
m'a inspiré des poèmes dédiés à son rythme et à sa mélodie, écoutés et perçus, ici surtout chez Franz
Schubert. Les seconds accompagnent depuis longtemps ou depuis peu mes lectures : poètes, prosateurs,
nouvellistes, musiciens passés à l'écriture. Leurs vers ou leurs phrases inaugurent ou concluent plusieurs
de mes textes. Cette propension à l'exergue relève d'un même désir : rendre manifestes mes collusions
artistiques autant qu'amicales et ainsi permettre au lecteur, déjà un peu ouvert, de (re) découvrir un
peu de leurs travaux et à son gré de faire un pas plus avant vers leurs ouvrages.
Si je dois d'être poète à ma propre sensibilité je le dois aussi à la lecture de mes pairs, d'autres auteurs
et à l'écoute des interprètes. Leurs poésies, leurs notes m'importent déjà pour elles-mêmes : leur
présence cadence ma vie quotidienne. Ces poésies et notes, qui parfois opposent leur grâce à l'oubli
et à la mort, ne sont que plus vivifiantes quand elles rencontrent à voix douce mon chant.
P. L.