Le secret de la chevalerie

Les chevaliers, ce sont, dans le concept populaire, les hommes
représentant l'héroïsme au service de la justice. Est chevalier
quiconque prend la défense de la faiblesse contre la force.
Est roi quiconque est un vrai maître, quiconque sait commander
à soi-même. Salut à celui qui peut être son propre roi ! Mais à
ces deux titres : chevalier, roi, que de significations non apparentes,
cachées dans l'ombre du cheval ou de la couronne ! Le
roi, l'homme qui tient le sceptre, le bâton surmonté de la main de
justice aux trois premiers doigts érigés, est-ce seulement le chef
politique d'un peuple ? Ce peut être celui dont le règne est intérieur
et secret. L'Aréopagie, qui, pour simplifier la présentation
des symboles, n'en révèle l'activité que sur un plan, écrit qu'on
nomme "saints, rois, seigneurs, dieux, dans chaque hiérarchie,
les principaux ordres par l'intermédiaire desquels participent
aux dons de Dieu les ordres subalternes" (1).
Prestigieuse figure de chevalier au sommet de la hiérarchie
des types humains ! La légende et l'histoire, le poème et le roman
s'associèrent pour lui bâtir un piédestal d'où elle promine parmi
l'irradiation d'une gloire mystérieuse. Durant des siècles, les
imaginations se laissèrent enchanter par les récits de leurs exploits
fabuleux, de leurs héroïques aventures.