La gauche et les cités : enquête sur un rendez-vous manqué

Pendant les révoltes qui ont
secoué les quartiers populaires
en novembre 2005, la
plupart des dirigeants politiques
français ont réclamé
des jeunes qu'ils cessent de
s'exprimer par la violence,
qu'ils se comportent comme
tout citoyen responsable,
déléguant, votant, revendiquant.
Le succès de la première
édition de l'ouvrage d'Olivier
Masclet (2003) tient à l'originalité
d'une enquête de
terrain, historique et ethnographique,
où nous découvrons
comment, dans une
municipalité de gauche, un
fief communiste de la banlieue
rouge, les «militants
de cité» ont été progressivement
exclus du champ politique
local.
En montrant que les quartiers
économiquement
déshérités le sont aussi politiquement,
Olivier Masclet,
maître de conférences en
sociologie à l'université
et d'enjeux qui composent
la politique dans la diversité
des circonstances où elle
s'exprime.
Paris-V, chercheur au Cerlis-CNRS,
nous livre une des clés
de compréhension du désintérêt
à l'égard des formes
traditionnelles de la politique
de la part des habitants
de ces quartiers voués
à la stigmatisation des
ouvriers, des pauvres et des
Français nouveaux.
À rebours des analyses misérabilistes
sur les quartiers
populaires, ce livre montre
que, dans les cités, se produit
et se renouvelle un certain
rapport à la politique.
Malgré trente ans de crise,
des porte-parole, souvent
issus de l'immigration, continuent
d'émerger, susceptibles
d'incarner pour la jeunesse
de ces quartiers un
modèle de mobilisation et
de promotion collective par
l'action politique.
Demeurera-t-on encore longtemps
aveugles et sourds
à ce qu'ils disent ?