Le bon samaritain : cinq discours religieux prononcés au Foyer de l'âme en janvier et février 1914

Quelques mois avant la première guerre
mondiale du 20ème siècle, Charles Wagner
nous livre une remarquable méditation qui,
un siècle plus tard, a encore gagné en
pertinence. Il nous parle de «ceux qui tuent»
et «ceux qui passent». Et Dieu sait si
notre société moderne en génère, des «tueurs»
(c'est parfois un compliment dans
certaines organisations...), et tous les autres,
qui n'ont pas le temps, qui courent vers le
prochain rendez-vous, qui passent très vite
en faisant semblant de ne pas voir la misère
de leurs prochains. Mais il nous parle aussi
de ceux qui guérissent, ceux qui savent
donner l'amour.
«Parler d'amour dans des milieux d'église,
cela n'a rien d'original» nous dit Pierre-Jean
Ruff, dans sa préface. «Mais Charles
Wagner .... laïcise et humanise la notion d'amour.... il affirme le principe de
la théologie naturelle. Les dons fondamentaux de Dieu ne sont pas liés à une
révélation particulière ou à la Révélation - chrétienne, juive, musulmane ou
autre. Les dons essentiels de Dieu sont octroyés à tout un chacun. Aussi, dit-il,
l'appel à l'amour présent au coeur de tout homme normal est une
approche de Dieu tout aussi valable et importante que le plus noble message
des religions. Il y a, dit-il, une seule source de vie qui est en Dieu. Mais deux
racines permettent d'en puiser la sève et de vivre : l'amour de Dieu et
l'amour du prochain. Ces deux racines sont interchangeables. Tout amour de
Dieu n'est vrai que s'il inclus, ipso facto, l'amour des autres et à la dimension
universelle. Inversement, tout amour authentique des autres (et pourquoi pas
aussi des animaux, des fleurs, du soleil qui sur la mer ou sur les sommets
escarpés : de tout ce qui est beau) atteste de son origine - même
inconsciente, renvoie à elle prouve qu'une lumière brille en nous.»