Kanye West : black Jesus

«Ils ont installé cette table de nouveau riche sans m'en avertir,
se désole Kanye West. C'est une table immonde et clinquante ;
je la déteste. On a essayé de la dégager, mais elle est tellement
lourde. Alors, on pose des objets autour pour en atténuer
la laideur. C'est toujours laid. Puis j'ai réalisé que cette table
est une métaphore de mon ego. Peu importe ce que vous
mettrez autour, dessus, en dessous, la manière dont vous
le prendrez en photo, ça n'effacera pas la connerie prétentieuse
de cet ego.»
Guignol gonflé d'orgueil ou génie incompris ? Kanye West laisse rarement
indifférent. la vie du rappeur et producteur surdoué se lit comme
un roman américain, entre F. Scott Fitzgerald et Iceberg Slim. Des
écoles publiques de Chicago aux manoirs californiens, ce livre retrace le
parcours « bigger than life » du nouveau King of Pop, 78 kilos de rêve américain
(manteau de fourrure compris).
Black Jesus défraie régulièrement la chronique : il milite contre l'homophobie
dans le milieu peu progressiste du rap et clashe Bush Jr et
Obama, pose affublé de la couronne d'épines du Christ et affole le Net
en épousant la prêtresse de téléréalité Kim Kardashian...
Pétri de contradictions, accusé de tous les maux par ses détracteurs
(sataniste, franc-maçon, illuminati, pédéraste pour les moins inventifs),
il a surtout travaillé avec le gotha du hip-hop (Jay Z, Nas) et de la pop
(Janet Jackson, Britney Spears, Alicia Keys, Paul McCartney).
Portrait au scalpel, au-delà des a priori et des clichés, de l'artiste qui a
transformé le rap en nouvelle pop mondialisée.