L'armée des pauvres

Mexique, début du XX<sup>e</sup> siècle. Juan Mendez, un jeune chef indien,
révolté par les conditions de vie inhumaines des péons qui travaillent
dans les plantations d'acajou pour de riches propriétaires terriens,
décide de lever une armée. Une armée de pauvres, de paysans illettrés,
en haillons, affamés, qui, en dépit de leur faiblesse, vont aller de
petites victoires en petites victoires, prenant d'abord quelques fermes
avant de marcher, toujours plus nombreux, sur des villes de plus en
plus importantes. Cette révolte inquiète bientôt le pouvoir central du
dictateur Porfirio Díaz, qui va envoyer les troupes gouvernementales
à l'assaut du «général de la jungle» et de son armée de péons.
On retrouve dans ce roman inédit de Traven , écrit en 1937, tout
l'humanisme et le talent de l'auteur. Jamais manichéen, il restitue
avec une grâce inouïe toute la complexité de son sujet, n'ignorant
aucun aspect de cette révolte, profondément inspirée de l'aventure
d'Emiliano Zapata : sens de l'histoire, mouvements sociaux, culture
indienne, dictature, racisme, esclavage par dettes, corruption du
pouvoir, etc. Surtout, Traven montre la même compassion pour
les opprimés et pour les oppresseurs, tous victimes finalement
des mêmes mécanismes de domination, au-delà desquels l'auteur
excelle à mettre en relief l'humanité meurtrie.