Le violon des autres : un village et la musique, des années 30 aux années 70

«Et vous l'aviez acheté où ce violon ?
- A Manufrance ? La manufacture d'armes et cycles ?
- Il n'y avait pas que ça à Manufrance, il y avait de tout, même
des violons !»
Ainsi a commencé l'histoire : celle de ce gamin qui voulait
obstinément apprendre la musique, quoi que sa paysanne de mère
en pense, celle de cette société rurale, à l'écart de la modernité,
qui dansait pour danser, celle de l'Ecole, et de l'ouverture des
futurs possibles, celle de la guerre qui meurtrit le paysage, celle de
l'«après-Libération» où la musique portait les rêves, celle du
confort nouveau qui fit rimer soulagement et isolement, celle
d'une agriculture passant des règles de l'auto-subsistance aux
normes du marché, celle d'une volonté de ne pas souscrire à la
passivité d'une culture dite de masse, et - pourquoi pas ? -
d'apprendre la musique et de la faire partager.