
Brouiller les pistes. N'être jamais là où on
l'attend. Ne jamais prêter le flanc.
Chez Christophe Stolowicki, cela tourne
souvent autour de la langue. Il y ferraille avec
volupté et rage tout à la fois. De ses langues,
plutôt : la seconde et, bien sûr, la première - même
si on ne la lira pas ici -, celle-ci irriguant celle-là.
Recommandation : poncer à la pierre polonaise ma
langue de bègue en extraire la racine Me faire
la bouche aux langues croisées.
Dans ces poèmes, par-delà la fantaisie
- l'imaginé de ce qui a été, est, sera -, la légèreté
apparente ou l'érotisme qui les traverse, se joue
une tragédie dans un théâtre d'ombres, rémanences
millénaires tissant la vie enclose dans ce réveil , le
vrai se jouant toujours du faux comme Alix d'Alice
au pays de.
Christiane Tricoit