Les jeux de l'orgueil

Les jeux de l'orgueil
L'enfer de Thérèse, nous est largement, terriblement ouvert, si accessible même qu'il semble qu'un instant de vertige, une seconde de soumission pourraient nous y précipiter Ce livre en effet nous concerne Quelles que soient ses immenses qualités littéraires, il n'est pourtant pas, il ne paraît à aucun moment « de la littérature ». Il commence comme un jeu. Un jeu curieux, raffiné, un peu trouble. Mais dernière le défi singulier que Thérèse relève avec amusement, derrière le passe-temps quelque peu saugrenu de deux êtres en mal de nouveauté, peu à peu se dessine l'ébauche d'une insoutenable tragédie Thérèse découvre avec une secrète horreur et nous découvrons aussi quels plaisirs équivoques peuvent enfoncer un être dans une lente et totale abdication
L'auteur ne tient pas à se faire connaître - comme si ce passé qu'il prétend aboli risquait d'éveiller trop d'échos. Mais nous devinons un homme d'écriture le ton double des lettres de Thérèse et de Marie, si justes l'une envers l'autre, et se complétant si parfaitement que ces deux voix qui n'en font qu'une suffisent à nous plonger dans le trouble voici à coup sûr la marque d'un très grand écrivain