Pensées sauvages

« Pensées sauvages »
Augusta Amiel-Lapeyre (Villegailhenc, 1858-1944)
Nous sommes dans un petit village de l'Aude, au tournant du XIX<sup>e</sup> et du XX<sup>e</sup> siècle. Discrètement, au crayon dans de tout petits carnets qui pouvaient être considérés comme concernant les tracas du ménage ou des listes d'emplettes, Augusta a 30 ans durant noté tout ce qui, bousculant son existence retirée, s'imposait à elle comme des clés de lecture de sa vie quotidienne. Ce faisant, elle a effrontément débordé la pensée unique de son milieu, de son temps, de sa condition.
« Il y a dans ce petit livre, tout chargé qu'il est de pensée grave, de l'esprit, du sourire, presque de l'enjouement. On y rencontre aussi beaucoup d'observation triste, poignante même . [...] Ce sont des puits de vérité qui s'ouvrent devant nous presque à chaque phrase. »
Extrait de la préface de Gabriel Aubray, premier recueil, 1912
- « Les avares se croient généreux quand ils ont failli être justes. »
- « Un esprit faux, quel son terrible il rend parfois aux oreilles du coeur. »
- « Les clairvoyants ont pour ennemis naturels les imbéciles. »
- « Qu'est la terre ? Un vaste jardin dans lequel, de distance en distance, une main divine a écrit ces mots : Ne dévastez rien, ne stationnez pas, traversez. »