La photographie humanitaire en question : entre éthique du photographe et loi du tapage médiatique

En raison de l'incroyable réalisme de l'image qu'elle produit, la
photographie a rapidement été considérée comme le support de
communication idéal pour toutes les ONG qui souhaitaient sensibiliser
le public aux grandes causes humanitaires. Dès la guerre du Biafra,
nous avons ainsi été assaillis par ces silhouettes faméliques qui
semblaient, en dépit de leur mutisme apparent, nous supplier de les
aider. C'est ce noble objectif qu'elle prétend s'efforcer de poursuivre
qui a longtemps tenu la photographie humanitaire à l'écart de toutes
critiques, jusqu'à ce que ses excès voyeurs et misérabilistes fassent
émerger progressivement un plus grand besoin d'éthique et une
meilleure considération des victimes. C'est ainsi que s'est développée
une manière alternative de faire de la photographie humanitaire, qui
nous apprend à renouveler notre regard sur la souffrance et à voir les
victimes autrement.
«Originalité du sujet, corpus représentatif, illustrations concrètes,
entretiens spécifiques avec les acteurs du terrain, critique aussi
vigoureuse que rigoureuse», telles sont les qualités de cette étude
menée par Victoire Dewaegeneire et que souligne très justement
Serge Regourd dans sa préface.