Glissades : instabilité, indistinction et postures humoristiques à l'ère dite postmoderne

Il est question de glissade comme d'une figure versatile, déployée depuis
son avatar burlesque jusqu'aux déviations de sens et au-delà, en autant
de surfaces commerciales. La glissade opère au beau milieu des flux ;
l'imaginaire contemporain en regorge. À condition qu'on veuille bien
prêter attention à ses gestes (artistiques, humoristiques, philosophiques)
les plus irrésolus, les plus apparemment anecdotiques, glisser concerne
notre époque à plus d'un titre. Les oeuvres abordées ici génèrent des
translations qui entrent en corrélation avec d'autres, en profondeur et
en surface, en optant parfois pour des résistances assouplies, et toutes
s'interrogent sans qu'aucun médium ne soit nécessairement circonscrit.
Car cette affaire de déplacements agit avant tout sur le jus des formes,
dans l'instabilité de leur montage et de leur démontage par digestions,
frottements, coulissements, émulsions et frictions : au sein des contrées
savonneuses, l'erratique devient un précieux réservoir de possibles.