Rhapsodies : texte conforme à l'édition de 1832

Aux lendemains des Trois Glorieuses, un jeune poète
mêle en un chant poignant sa déception et ses aspirations à
un monde meilleur. Il s'est choisi pour guides Saint-Just et
Victor Hugo, et ses amis s'appellent Théophile Gautier,
Gérard de Nerval ou Philothée O'Neddy. Sincère par défi,
il s'est mis tout entier dans sa première publication, ces
Rhapsodies qui seront à la fois le résumé de son parcours et
le programme de sa singulière existence.
«J'ai besoin d'une somme énorme de liberté», nous prévient
Borel, s'abandonnant à sa légende de Lycanthrope. Et
d'égrener, dans une langue stupéfiante de vitalité et
d'inventivité, tout ce qui le sépare de cette liberté chérie,
préfigurant Rimbaud, mai 68, et le Surréalisme. André
Breton lui-même le reconnaissait, qui affirmait :
«Si jamais Pétrus Borel retrouve grâce..., il le devra
sans doute à ce petit livre où le désespoir fait mine de se
laisser désarmer, où l'ingrat le cède bien des fois au
charmant : Rhapsodies. Il y montre, parfois, un chant si pur
qu'après de telles prémisses, il apparaît vraiment comme le
chant de la délivrance. »