La Moussière : roman forestier du Valois

«Sous le grand vent, les arbres s'égouttaient. Les herbes ruisselaient. Des flaques
d'eau dans lesquelles il frappait à plat, l'alezan envoyait des jaillissures boueuses
jusque sur les étriers. L'humidité de la terre et l'humidité de l'atmosphère se confondaient
en un brouillard froid. Le soleil allait toucher l'horizon et teignait de
jaune pâle le ciel, entre les fûts des hêtres, du côté du Hourvari.»
Qui est la plus fascinante ? La femme ou la forêt ? La Moussière, héroïne
du livre, sorte de «chiffonnière» de la forêt, est trop belle, trop libre. Sa
vie, c'est celle du massif forestier de Compiègne, pour lequel Léon
Duvauchel s'est pris de passion. Au point de s'y installer et d'en faire le
décor de ce roman, plein des effluves, des bruits et des images de la forêt,
de son épanouissement au printemps, son flamboiement à l'automne, son
silence glacé à l'hiver. La Moussière , écrite il y a quelque 120 ans, montre
combien la forêt de Compiègne fascinait déjà ceux qui l'admiraient et y
vivaient. Alors comme aujourd'hui, on parle chasse et sylviculture, on
guette les grands animaux, on s'exalte de chevauchées dans les allées
sablonneuses. Les amoureux de la forêt de Compiègne retrouveront dans
La Moussière toute la magie de ces futaies, de ces vallons secrets, de ces
clairières silencieuses. Les autres seront pris par l'envie de partir, le livre à
la main, découvrir le royaume de la Moussière.