François de Malherbe, gentilhomme et poète, 1555-1628

François de Malherbe, gentilhomme et poète, 1555-1628

François de Malherbe, gentilhomme et poète, 1555-1628
Éditeur: Cheminements
2005135 pagesISBN 9782844780928
Format: BrochéLangue : Français

Dans notre vie quotidienne tourmentée, le moindre brin de poésie apporte du réconfort, si

bien que chacun a un jour apprécié ces vers universels de François de Malherbe : Mais elle

était du monde, où les plus belles choses / Ont le pire destin / Et rose elle a vécu ce que vivent les

roses / L'espace d'un matin.

Mais que savons-nous vraiment de ce poète dont on retient le plus souvent le visage sérieux voire

austère, inscrit dans le dernier catalogue des Célébrations nationales du Ministère de la Culture

et de la Communication ?

À l'heure de son 450<sup>e</sup> anniversaire, ce livre lui rend justice : né à Caen en 1555, le réformateur de

la langue française, épris de poésie depuis son jeune âge, étudie à Paris, Bâle et Heidelberg, en un

programme européen avant la lettre et comme gentilhomme va au combat, avant de briller à la

cour des rois, Henri IV et Louis XIII : n'appartient-il pas à une «noblesse d'ancienne race», les

Malherbe de Saint Agnan, dont il recherchera les racines sa vie durant ?

C'est un homme âgé qui est nommé poète officiel de la Cour, composant odes historiques,

stances religieuses, sonnets, odes et épigrammes sur le pouvoir royal avec un style digne d'un journaliste

moderne. Pour autant, il ne néglige pas la vie citoyenne, puisqu'il est élu échevin de Caen

en 1594. Bientôt, il est le chef de file du monde poétique, tant dans sa Normandie natale et sa

Provence d'adoption (il s'est marié à Aix), qu'à Paris, où il meurt en 1628.

Si sa place est considérable dans l'histoire de la critique, c'est par sa réforme appliquée à l'art

poétique, réclamant une langue plus claire, dépouillée d'expressions archaïques, élaguant les

patois ou les mots trop recherchés : un travail d'une grande modernité !

Ayant dégasconné la cour, Malherbe l'humaniste joue un rôle primordial dans la formation du classicisme

et justifie le mot de Francis Ponge : «C'est le donjon de notre littérature».

Richelieu en est si convaincu, qu'il relie les théories du

poète au travail d'un groupe de lettrés, dont sort l'Académie

Française en 1635.

Trop tôt disparu, Malherbe est pour ainsi dire le premier

académicien français, honoré dans l'institution par huit

de ses amis et disciples. En outre, il inaugure une «filière

caennaise» à l'Académie passant par Boisrobert, Huet,

Segrais, Massieu et Léopold Senghor. Oui, vraiment,

le cri de Boileau est justifié : «Enfin, Malherbe vint !»

Ce livre est proposé par (0) membre(s)
Ce livre est mis en favori par (0) membre(s)