L'affaire Jean Zay : la République assassinée

L'affaire Jean Zay : la République assassinée

L'affaire Jean Zay : la République assassinée
Éditeur: Calmann-Lévy
2013526 pagesISBN 9782702143070
Format: BrochéLangue : Français

Jean Zay ? Ce nom n'évoque souvent rien de précis, si ce n'est

parfois un collège ou un lycée. C'est pourtant ce très jeune ministre

radical de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts du Front populaire

qui créa, entre autres, le Festival de Cannes, le musée de l'Homme

ou le musée d'Art moderne ; qui organisa l'Exposition universelle de

1937, lança la Cinémathèque française, rénova la Bibliothèque nationale,

fit restaurer le château de Versailles et la cathédrale de Reims ;

qui fonda le CNRS, instaura l'obligation scolaire jusqu'à 14 ans, l'éducation

physique et la médecine préventive à l'école ; et qui inventa

l'ENA, n'en déplaise à Michel Debré...

Ce grand républicain, dont Léon Blum disait que «tout en lui respirait

la noblesse de la pensée, le désintéressement, la loyauté, le

courage, l'amour du bien public», n'est pas seulement dans un angle

mort de la mémoire nationale. À force de dénigrement mensonger,

il a été poussé dans l'oubli par une extrême droite maurrassienne

qui haïssait l'homme de gauche, le ministre réformateur et, bien sûr,

le Juif. Accusé en 1940 de désertion avec Pierre Mendès France et

Georges Mandel parce qu'il avait rejoint le Maroc à bord du Massilia

pour résister, emprisonné, jugé par un tribunal militaire aux ordres

de Vichy, diffamé, spolié, Jean Zay fut assassiné par la Milice en

juin 1944 après le débarquement allié. Il avait 40 ans.

L'essai de Gérard Boulanger explore les causes profondes de

cette injustice mémorielle, en allant chercher jusqu'aux tréfonds de

l'imaginaire national-catholique qui opposa Jeanne d'Arc à l'Orléanais

Jean Zay. Au terme d'une enquête minutieuse dans les archives de

la Justice militaire et dans celles de Catherine et Hélène, les filles de

cet homme étincelant, sensible et courageux, il analyse cette silencieuse

affaire Dreyfus dans une république qu'il dépeint à l'agonie.

Et il dévoile le rôle insidieux de Pétain, celui décisif de Darlan dans le

piège du Massilia enfin élucidé et celui du faux document qui aboutit

à l'inique condamnation de Jean Zay, à qui la France doit tant.

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