Guy Spitaels, au-delà du pouvoir

Rien ne prédestinait Guy Spitaels à devenir l'homme politique
le plus puissant de sa génération. Jusqu'à plus de quarante ans,
il mène une carrière académique et l'activité politique lui est peu
familière. C'est pourtant ce professeur d'économie sociale qui,
remarqué par André Cools, accède au sommet d'un pouvoir qu'il se
plaira à exercer parfois avec absolutisme.
Issu d'un milieu rural et de tradition catholique, rien ne le
prédestinait davantage à embrasser la cause d'un socialisme et d'un
fédéralisme radicaux. C'est pourtant cet ancien élève du Collège
d'Ath qui refusera d'entraîner le PS dans les eaux tièdes de la social-démocratie
et réconciliera son parti avec le mouvement wallon.
Atypique mais cohérent, le parcours de Guy Spitaels est aussi
contrasté : homme de pouvoir, il donne le meilleur de lui-même dans
l'opposition ; artisan d'un succès électoral historique, il voit son
retour au pouvoir assombri par de nombreuses amertumes ; parvenu
à un niveau de puissance qui lui vaut le surnom de «Dieu», il voit
cette puissance se briser sur une levée d'immunité parlementaire.
Enfin, alors qu'il reste attaché à sa «bonne ville d'Ath», il s'offre
une nouvelle vie en renouant avec sa passion pour les relations
internationales, qu'il analyse désormais en homme libéré des
envoûtements et des servitudes du pouvoir.