Philoxène ou De la littérature coloniale

Comment définir la littérature coloniale ? Le débat, commencé
dès le début du XX<sup>e</sup> siècle, est toujours d'actualité, d'où l'intérêt de
la présente réédition. L'ouvrage de Pujarniscle, datant de 1931
(l'année de la grande Exposition coloniale, à la fois apothéose et
chant de cygne du colonialisme) et depuis longtemps introuvable,
poursuit la distinction entre littérature coloniale et exotisme, balaye
avec mépris certaines méprises répandues et propose une définition
qui en ferait davantage un travail de sociologie ou d'anthropologie
du colon qu'un ouvrage d'esthétique littéraire. «Pluraliste résolu»,
Pujarniscle prône les «unions panachées» comme métonymie de
la bonne colonisation. Le fait qu'il se penche surtout sur le cas
indochinois nous rappelle utilement que l'écriture coloniale ne se
limitait pas à la seule Afrique.