Les grandes heures de l'institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, 1956-2006 ou Le cinquantenaire d'une bonne maison

En 2006, l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence a fêté son cinquantenaire. Seul établissement
de ce type sur la façade méditerranéenne, à l'origine des équipes de recherches aixoises sur
l'Europe du Sud et les mondes de la Méditerranée, fortement implanté dans le substrat régional et
recrutant ses étudiants sur l'ensemble du territoire national et à l'étranger. Sciences Po Aix est bien
la grande école d'Aix-Marseille. L'IEP a déjà assuré l'avenir de plus de 7 000 diplômés en cinq
décennies.
Pour comprendre comment fonctionne ce curieux établissement universitaire, fondé sur la sélection
mais recrutant aussi par une filière républicaine non communautariste dans les ZEP de Marseille.
le Pr Jean-Charles Jauffret, titulaire de la chaire d'histoire militaire, défense et sécurité, a entrepris
une enquête de trois ans. Fondé sur le principe du croisement de sources, cet ouvrage comporte
plus de 300 témoignages, écrits et oraux, d'anciens élèves, d'étudiants, de professeurs, d'agents
de l'administration, et bénéficie des richesses des archives de l'IEP et de fonds privés. Il retrace
non seulement les grandes heures de Sciences Po Aix, et ce depuis les lointaines traces romaines,
la première université de la fin du Moyen Age, l'époque moderne, mais surtout la vie intense qui
règne à l'intérieur de cet hôtel des Lumières construit par l'architecte aixois Georges Vallon au
siècle de Voltaire.
Evoquer cinquante ans d'histoire, c'est d'abord rendre hommage à une grande figure hors du commun,
le Pr Paul de Geouffre de La Pradelle, fondateur de l'IEP et premier directeur (1956-1974).
Mais c'est aussi, à travers le patient travail de ses successeurs (Pr Charles Cadoux, Yves Daudet,
Jacques Bourdon, Jean-Claude Ricci, Christian Duval) suivre l'autonomie peu à peu acquise, montrer
comment le diplôme de qualité a pu être reconnu, sans négliger le feuilleton à rebondissements
des projets d'agrandissement d'un établissement aux murs trop étroits.
Que vaut Sciences Po Aix ? Quelle est sa spécificité ? Existe-t-il un esprit de corps ? Comment font
ses étudiants pour concilier études, gags, sport de haut niveau, stages à l'étranger, et organisation
de fêtes et de galas ? A travers l'analyse des trois générations qui s'y sont succédées depuis 1956,
répondre à ces questions, c'est suivre la vie quotidienne des étudiants.
Cet ouvrage est un acte d'amour relatant l'histoire d'«un très haut lieu où souffle l'esprit critique»
aurait dit Prévert.