L'action sociale face à la crise des idées et des valeurs

Il est beaucoup demandé à l'action sociale, et elle sera, dans l'avenir, encore davantage sollicitée. Elle ne peut rester une organisation annexe dans la vie de la collectivité, regardée avec condescendance comme l'héritage des institutions de charité. Située au cœur de la souffrance individuelle et sociale, l'action sociale a une expérience qu'il faut savoir utiliser. Elle requiert des techniques, mais elle doit également prendre conscience de l'arrière-plan philosophique et politique qui lui donne sens et la mobilise, afin qu'elle remplisse au mieux ses missions de libération des potentialités, de réinvestissement constructif et d'infléchissement positif de lignes du destin.
C'est à ce programme ambitieux que Yann Maléfant a consacré son livre. En effet, persuadé que l'action sociale a ses finalités propres, il pense qu'elle doit tôt ou tard modifier ses stratégies, réinterroger ses principes et aborder les questions de sens et de valeur, sous peine d'être dépassée par les problèmes nouveaux et récurrents qui se posent avec acuité (chômage, pauvreté, exclusion, vieillissement de la population, accroissement de la grande dépendance, etc.). S'il est amené à interroger la pensée contemporaine dans ses profonds bouleversements pour faire le point sur l'évolution des idées en matière d'action sociale, sa visée n'est pas théorique. Elle est au contraire pratique et même utilitaire. Motivé par le désir de maintenir le dispositif d'action sociale en adéquation avec les problèmes du temps présent, il s'efforce de préciser les principales interrogations, de tracer des pistes de renouvellement et des perspectives d'avenir.