Tu ne verras plus

Seul sur la péniche de sa compagne Elisa, le capitaine de police Félix
Dutrey broie du noir. Un soir, il reçoit la visite de sa collègue Magali,
qui lui raconte une curieuse histoire. Des Peaux-Rouges costumés de
pied en cap s'en sont pris aux passagers du petit train touristique de
Toulouse pour les dévaliser. L'un des passagers semble avoir été
agressé de manière particulièrement violente, au point qu'il a
succombé à une crise cardiaque. Quant aux portefeuilles volés, ils ont
été retrouvés dans une poubelle, intacts. Comme si le vol n'était pas le
vrai mobile de l'attaque.
Peu après, c'est Félix qui est confronté à une affaire encore plus
insolite. Au départ, un mort dans une rue en cul-de-sac dans la
banlieue de Toulouse. Une fois sur les lieux, le capitaine comprend
qu'il ne s'agit pas d'un cadavre ordinaire. D'abord parce que la scène
du crime est «polluée» par des poussières, poils et substances
chimiques diverses. Nous sommes dans l'atelier d'un taxidermiste et
son propriétaire, Francis Aubignac, est aussi mort que les animaux
qu'il naturalisait. Le corps présente une trace de piqûre à la saignée du
bras, mais le plus sidérant, ce sont les yeux...
Pascal Dessaint renoue avec les enquêtes de Félix Dutrey dans ce
roman qui met en scène les personnages familiers de ses précédents
livres : le légiste fantasque Eusèbe Cathala, le commissaire Moncollin
amoureux fou des chevaux, les collègues Magali et Marc... Au fil des
histoires, Félix se complexifie, prend de l'ampleur, et se révèle de plus
en plus attachant. Pascal Dessaint lui prête une plume toujours aussi
juste pour parler de la cruauté des hommes, de la loyauté et de la
trahison, et de l'ambiguïté de certains engagements. Errance
toulousaine autant que voyage au fond des âmes, Tu ne verras plus fait
entendre cette voix si particulière que l'on avait découverte avec Du
bruit sous le silence.