Le gouvernement de la France : 1830-1840

Le gouvernement de la France : 1830-1840

Le gouvernement de la France : 1830-1840
Éditeur: L'Harmattan
2006337 pagesISBN 9782296000155
Format: BrochéLangue : Français

Qui gouverna la France entre 1830 et 1840 ? On demanderait plus justement

ce qui gouverna ce pays dans cette période, une idée, un principe, ou plutôt

une absence d'idées et de principes. Peut-on gouverner sans idées et sans

principes ? On voit que la question est d'autant plus sérieuse que la société -

ce qui en tient lieu, est saisie d'un mouvement d'agitation frénétique, qui vise

à la richesse, mais une agitation immobile, qui force à un maintien de l'ordre

permanent. 1830 : un roi citoyen prend la place d'un roi restauré ; des

hommes puissants, des hommes riches, des parvenus donnent le trône à ce

citoyen, sans qu'ils aient eux-mêmes détrôné l'autre. Une révolte sur

commande a mis en action les combattants de juillet , ouvriers pour la troupe,

étudiants comme officiers, républicains à la tête de l'armée insurgée.

1840 : dix années de répressions, de condamnations, de massacres ; dix

années de ministères vacants, de jeux de société entre ceux qui comptent. La

république est interdite par la loi, le régime parlementaire s'installe et invente

les règles : majorité et minorité, parti de gouvernement et parti d'opposition,

investiture par l'Assemblée selon les voeux du citoyen en chef - qui ne

gouverne pas, et querelles animées par les prétendants, qui se cèdent la place

quand ils ne se l'offrent pas : M. Guizot et M. Thiers. Après le gouvernement

autoritaire de Casimir Périer, voilà le gouvernement consensuel qui arrange

tous ceux qui y prennent part et qui fait la police aussi bien, car le canon et la

fusillade se passent même d'autorité, tant qu'on les commande.

1830-1840 ou comment on apprend la leçon au peuple souverain : à une

société irreprésentable, où l'on distingue le pays légal du pays réel , la classe

politique oppose son droit à gouverner dans l'incompétence, pourvu qu'elle

serve les intérêts qui comptent. Ceux qui n'ont pas d'intérêts, de quelle utilité

leur serait une souveraineté de principe. Voilà : à gouverner sans principes ni

idées, on disqualifie tout principe et toute idée.

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