Le diocèse de Senj-Modrus en Croatie habsbourgeoise : de la Contre-Réforme aux Lumières, 1650-1770

Situé en un point de rencontre entre l'Europe centrale et la mer Adriatique, recouvrant une partie septentrionale de la chaîne des Alpes Dinatiques, le diocèse catholique de Senj-Modru(...) est, durant les XVII<sup>e</sup> et XVIII<sup>e</sup> siècles, aux avant-postes de l'antemurale christianitatis, face à l'islam. Les influences culturelles et religieuses se croisent ou se repoussent dans cette région de la Croatie habsbourgeoise, aux confins des possessions dalmates de la Sérénissime, et limitrophe de la Bosnie ottomane. La composition de la population connaît une mutation, notamment avec la colonisation des territoires reconquis sur les Turcs en 1689. Le rapport au protestantisme, à l'islam, puis à l'orthodoxie, confère à ce diocèse catholique la dimension d'une frontière intérieure. L'appartenance confessionnelle participe de la forte identité qui caractérise la population. Si les spécificités de la pratique religieuse croate, héritées de la période médiévale, perdurent dans de nombreuses paroisses, l'Église post-tridentine inspire un renouvellement certain. De plus, dans le contexte de l'Aufklärung, s'impose le centralisme des Habsbourg. La modernité voulue par la maison d'Autriche ne réduit cependant pas l'originalité de cette société des confins. Cette étude intéressera évidemment les historiens de l'empire austro-hongrois ainsi que les spécialistes des relations interconfessionnelles (catholicisme/orthodoxie et chrétienté/islam). Les historiens de l'art baroque y trouveront également des matériaux concernant leur spécialité.