Les armées allemandes à Sedan : souvenirs & enseignements

C'était le jour du premier anniversaire rappelant aux Sedanais
les douloureux souvenirs d'une défaite qui pouvait rester glorieuse
encore, si une capitulation, signal des défections les plus
coupables, n'avait terni l'éclat et anéanti le prestige de notre
valeur militaire.
L'urne des douleurs s'était rouverte : triste et recueillie la
population tombait à genoux devant les autels et pour nous
consoler, nous, jadis si fiers de notre supériorité dans les armes
et aujourd'hui courbés sous le joug humiliant et brutal de l'étranger,
les ministres de paix, du haut de la chaire, laissaient
tomber ces paroles d'une espérance divine :
«Bienheureux sont les morts ! Ils se réveilleront dans la gloire
«éternelle !»
Tandis que la foule éplorée se presse dans les temples, les rues
et les usines restent désertes : au bruit de la ville industrielle a
succédé un morne silence, et mieux que les salves du canon
cette douleur muette commande le respect à nos ennemis.