Science de la logique. Livre premier, l'être

L' être dit avère, par son identité à
soi originaire, toute différenciation ou
détermination de lui-même, y compris
celle d'être dit. C'est pourquoi l'ontologie
hégélienne, développement logique
de l'être qui se dit absolument, mais
abstraitement, en Parménide, peut se
présenter comme la science spéculative
achevant (aussi au sens négatif du terme) toute la métaphysique occidentale, qui
voulut fonder tous les discours humains tenus sur l'être. Hegel montre ainsi, dans
sa Logique ontologique, que l'être n'est vraiment que si son identité à soi n'est
pas seulement au sens où est l'être à identifier. Il y a, certes, une identité
immédiate, étante, de l'être, dite par la Logique de l'être, mais elle n'est pas
absolument identité. Plus identique à elle-même est l'identité en ceci essentielle
qu'elle pose l'être, alors fondé par elle ; cependant, pour la Logique de l'essence,
celle-ci est cette fondation, et il y a donc, contradictoirement, un être ou une
immédiateté de la position ou médiation de l'être. La Logique de l'essence et la
Logique de l'être constituent par là les deux degrés d'une Logique de l'étant ou
Logique objective, dont la contradiction n'est surmontée que par la Logique
subjective. Pour celle-ci, la position de l'être n' est pas simplement, mais elle se
pose elle-même, cette réflexion en soi la constituant en un sujet ou une personne,
qui ne supporte pas un processus fondateur nécessitant, mais, bien plutôt,
maîtrise son acte créateur libre, en le comprenant ou concevant. La Logique du
concept, à laquelle s'est élevée l'ontologie dialectique de Hegel, lui permet dès
lors de concevoir en sa vérité, celle du sens non encore absolu de l'être absolu,
d'abord la Logique de l'être pris comme simple être, dont le présent ouvrage
expose le devenir spéculatif.