Mékong

Dalabert n'est pas intéressé par l'argent,
et pourtant il en gagne beaucoup
grâce aux gisements d'étain qu'il a
découverts à Pakket. Contrairement à certains
de ses compatriotes de l'Administration
Coloniale française, il aime le Laos où il vit
depuis vingt ans, et ses habitants. Trop de réussite
et trop de comportements "singuliers" excitent
les rivalités et les haines. Lorsque Dalabert
dévoile son projet d'agrandir ses périmètres
d'exploitation, un véritable complot est ourdi
contre lui, qui réussit à entraîner dans sa nébuleuse
des gens dont les intérêts semblaient à
priori divergents. Et c'est ainsi que l'affaire finit
par tourner au drame... Satire plutôt féroce du
milieu colonial français, culminant lors de la
soirée donnée à la Résidence, le roman de J.A.
Pourtier, publié en 1931, chante la douceur de
la beauté du Laos, et l'art de vivre de ses habitants
au milieu desquels certains Occidentaux
ont réussi à se construire une vie harmonieuse.
Et tout au long du livre, l'immense Mékong à
la "voix monotone", fêté et redouté comme un
dieu, roule ses eaux incertaines et tumultueuses,
"seule immuable présence".