L'exil et la mémoire

L'exil et la mémoire
L'exil et la mémoire, le poison et son antidote, sont à l'origine de ce recueil. Les morts, chers au poète, quittent leur néant le temps d'un tutoiement, témoignage de leur présence et de leur éternité terrestres. L'enfance, sous l'effet du travail mémoriel, renoue avec sa magie - en particulier dans les évocations de l'amitié, du premier émoi amoureux ou du rapport au père - en suturant le temps.
Certains lieux ou objets disent l'émotion, la douleur, l'humanité ou la révolte. Un simple prénom devient emblématique d'une culture ou un poème-testament revendique l'appartenance à un peuple et une terre. Et à chaque fois, le poète jette un pont entre la souffrance provoquée par l'éloignement et le passé revisité et ressuscité. L'exilé - ou le lecteur que la vie n'a pas contraint à « perdre beaucoup de terre » comme l'a écrit le poète - trouveront en ces textes, dont le point d'orgue est un hymne à l'antidote suprême, l'amour, espérance et interrogation.