Via Campesina : une alternative paysanne à la mondialisation néolibérale

Via Campesina : une alternative paysanne à la mondialisation néolibérale

Via Campesina : une alternative paysanne à la mondialisation néolibérale
Éditeur: Cetim
2002255 pagesISBN 9782880530303
Format: BrochéLangue : Français

«Sur les 1 milliard 300 millions d'actifs agricoles que compte

l'agriculture mondiale, quelques dizaines de millions seulement,

soit une infime minorité, disposent d'un tracteur, 350 millions environ

disposent de la traction animale, et près de 1 milliard (les

trois quarts) n'ont qu'un outillage strictement manuel.

«Pour cette immense majorité des paysans du monde, les prix

internationaux sont beaucoup trop bas pour leur permettre de vivre

de leur travail et de renouveler leurs moyens de production,

encore moins pour leur permettre d'investir et de progresser.

Cette concurrence entraîne le blocage de leur développement,

puis leur appauvrissement allant jusqu'à la pauvreté extrême, la

faim, la famine, l'exode rural massif et le gonflement des bidonvilles.»

Tel est le diagnostic du professeur Marcel Mazoyer et de

Laurence Roudart. Et leur collègue, Jacques Berthelot , d'ajouter :

«Non seulement la libéralisation des échanges agricoles affame les

paysans du Sud, mais encore elle marginalise ceux du Nord.»

Les paysans et les paysannes, les «sans-terre», les peuples

indigènes, comptent parmi les premières victimes de la mondialisation

néolibérale. Rien d'étonnant donc à ce que, partout dans le

monde, ils résistent et luttent pour leur survie.

Mais, «qui aurait pu imaginer, à l'ouverture en 1986 du

dernier cycle de négociations du GATT, des fermiers de différents

pays marchant ensemble sur la ville de Punta del Este, qui accueillait

la conférence ?», demande la chercheuse canadienne

Annette Aurélie Desmarais. Or, quelques années plus tard, la

fiction était dépassée par les faits. En mai 1993, avant même la

fondation de l'OMC, des leaders paysans du monde entier se sont

retrouvés unis à Mons, en Belgique, sous la bannière d'un mouvement

paysan planétaire naissant, la Vía Campesina. Sept

mois plus tard, au cours de la phase finale des négociations du

GATT, plus de 5 000 paysans, venus d'Europe, du Canada, des

États-Unis, du Japon, de l'Inde et d'Amérique latine ont marché

ensemble sur le GATT à Genève.»

Depuis lors, les paysans et les paysannes sont à la pointe du

combat contre l'OMC et pour imposer la souveraineté alimentaire.

De tous les continents, certains de leurs leaders, hommes et

femmes, racontent leurs luttes et donnent chair à ce «front

commun Nord-Sud» mis en branle par la Vía Campesina.

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