Edition critique des mémoires du général comte Leonetto Cipriani (1812-1888)

Leonetto Cipriani fut un personnage de légende. Né au port de Centuri, en 1812, issu d'une famille maintenue noble par les seigneurs du cap Corse (les Da Mare) en 1459-1460, ses ancêtres s'illustrent à Marseille comme consuls sous Henri IV et Louis XIII et deviennent chevaliers du Saint-Sépulcre en accomplissant le voyage de Jérusalem au début des années 1600. Son père s'enrichit en l'île de Saint-Thomas de 1795 à 1810, d'où la construction du Palazzo Cipriani à Pise où Leonetto est élevé adolescent après une enfance champêtre à Centuri. Pise l'inscrit pour toujours dans l'italianité et il est l'un des piliers de l'unité italienne au service de la maison de Savoie. Très lié à Charles-Albert et à Victor-Emmanuel, ami de Cavour, il devient capitaine de cavalerie (1848), colonel (1848), général ad honores , sénateur du royaume d'Italie, gouverneur de Livourne (1848), puis des deux Romagnes (1859). Il parcourt aussi l'Amérique du Nord à six reprises, visite les Mormons à Salt Lake City et traverse le continent à la tête de deux mille bovins ! Consul de Sardaigne à San-Francisco (1851-1855), marié à Baltimore (1859), aussitôt veuf (1860) et chargé d'un fils, il se sait Corse, Italien, un peu Américain mais il a été le premier Français débarqué à Alger en 1830 aux ordres de son parrain Juchereau de Saint-Denis, né au Québec ! Fils spirituel de Jérôme Bonaparte, très lié à Napoléon III et aux frères et neveux de Napoléon 1<sup>er</sup>, il joue un rôle majeur dans la naissance de l'Italie, visite le pôle Nord avec le prince Napoléon (Plon-Plon) puis se retire dans son château de Bellavista à Ortinola (Centuri), grand-cordon des Saints-Maurice-et-Lazare et de la Couronne d'Italie, chevalier du mérite militaire de San Giuseppe pour services rendus à la bataille de Curtatone. Il se remarie sur le tard engendrant une nouvelle postérité à plus de 70 ans et, à nouveau veuf, il s'éteint en 1888 rédigeant ces Mémoires publiés ici pour la première fois en français, et faisant restaurer la chapelle Cipriani du couvent de l'Annunziata (XVI<sup>e</sup> siècle).