Nihilisme et modernité : essai sur la sensibilité des époques modernes de Diderot à Duchamp

Avec l'art moderne, c'en est fini de la vérité de la nature
ou de celle de la beauté : place à la vérité de l'oeuvre. Michel
Guérin entreprend la généalogie de cette modernité. Son
parcours qui s'ouvre avec Diderot, passe par Kant,
Baudelaire, Manet, Cézanne, Picasso, Benjamin. À travers
ces figures de la sensibilité moderne, s'approfondit la
compréhension de la modernité comme triomphe du temps
et dispersion du sujet dans la sensation. C'est pourquoi le
nihilisme y est aussi constamment à l'oeuvre : de quoi l'art
peut-il encore se soutenir quand il ne se réfère plus qu'à lui-même
? Comment croire quand le coeur n'y est plus ! Selon
Michel Guérin, ce nihilisme s'accomplit avec Marcel
Duchamp. À force de n'avoir plus d'objets, l'art consiste à
être sans objet : il devient affaire d'emploi du temps.
Le livre de Michel Guérin débouche sur une vision
forte de «l'esprit de notre temps», y compris en termes de
sensibilités, de vécus et d'émotions. C'est un grand livre de
théorie esthétique et d'analyse de la culture.
Yves Michaud