L'épistolaire au féminin : correspondances de femmes (XVIIIe-XXe siècle) : actes du Colloque de Cerisy-la-Salle, 1er-5 octobre 2003

Revisiter les correspondances de femmes, du XVIII<sup>e</sup> siècle à nos
jours, tel était l'objet du colloque de Cerisy-la-Salle : L'Épistolaire
au féminin : correspondances de femmes (XVIII<sup>e</sup>-XX<sup>e</sup> siècle). Laissant de côté
une critique consensuelle qui, de La Bruyère à Sainte-Beuve, s'est
accordée à féminiser le genre épistolaire, c'est aux femmes et à la réalité
de leurs pratiques que les études ici rassemblées se sont attachées
pour saisir les liens, tant réels qu'imaginaires, qui se sont tissés entre
la lettre et le féminin. De M<sup>me</sup> du Deffand à Marguerite Yourcenar, en
passant par M<sup>me</sup> de Graffigny, M<sup>me</sup> Riccoboni, M<sup>me</sup> de Charrière,
George Sand, Marie d'Agoult, jusqu'aux épistolières d'aujourd'hui, les
femmes ont fait volontiers de leur correspondance le lieu où construire
leur identité dans le dépassement des modèles imposés. Elles y ont
aussi cherché les voies de passage entre l'écriture «ordinaire» de la
lettre et le statut littéraire auquel elle aspire confusément, car dans la
lettre, l'invention de soi passe par l'invention d'un style.