Trompe-la-mort : les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo

La barbarie serait-elle inscrite dans les gênes ? La question hante
Mathilde depuis son trentième anniversaire, le jour où elle apprend
qu'elle est la petite-fille de Pierre Paoli, commis de perception à
Aubigny-sur-Nère devenu en 1943 le féroce tortionnaire de la Gestapo
de Bourges.
Le soir de cette révélation, ses parents lui confient les cahiers manuscrits
dans lesquels son grand-père racontait, jour après jour, sa vie et
son oeuvre : l'itinéraire d'une ambition SS au service de l'Europe
nouvelle.
Ces archives familiales sont de bon augure pour alimenter sa thèse en
histoire contemporaine. Mais elles troublent sa conscience. Comment
renier cette hérédité ? Pourquoi bafouer la vérité ? Et à quoi bon
vouloir assumer un legs aussi lourd ?
Cadeau maudit, par ailleurs : entre elle et son grand-père, trop de
coïncidences viennent mettre à mal sa sérénité.
Ce roman raconte l'odieux destin de Pierre Paoli, rentré à la Gestapo de
Bourges le 31 mars 1943. Porté par l'amour qu'il voue à sa maîtresse, il
s'attire l'admiration du Reich au fil de ses performances policières, entre
arrestations, tortures et exécutions sommaires.
Un roman fort, superbement écrit par Jacques Gimard, qui évoque
comment les Français de cette époque, face au désastre de juin 1940 et à
l'occupation allemande, ont pu nourrir des convictions aussi différentes.
L'auteur nous entraîne dans les pensées les plus intimes de ce tortionnaire
dont la perversion est à la limite du supportable. Pourtant, il réussit
l'incroyable exploit d'humaniser son personnage.
Un livre troublant qui, au travers de son parti pris historiographique, ose
soulever cette question : «Pourquoi juger l'histoire ?»
Attention : Certaines scènes de violence, restituées dans les moindres
détails, peuvent heurter.