La guerre d'Algérie : de la conquête à l'indépendance 1830-1962

Dans la mémoire des Français, l'Algérie évoque d'abord la guerre qui
l'ensanglante de 1954 à 1962, et on oublie trop souvent le temps des
conquêtes et de la colonisation. Du coup de chasse-mouches du dey en
1827 à la Toussaint rouge (1954), cette histoire de l'Algérie raconte
l'aventure algérienne depuis le début. Elle décrit l'épopée des soldats
français lancés contre le légendaire Abd-el Kader, les tribulations du
maréchal Bugeaud, l'établissement d'une administration française,
l'installation de centaines de colons.
Puis elle raconte une guerre de huit ans, qui ne dit pas son nom mais
fait des milliers et des milliers de victimes : les morts bien sûr, mais aussi
les populations déplacées, les appelés traumatisés, les pieds-noirs ruinés
et déracinés et les harkis, enfin, rejetés de toutes parts. Lourde de
conséquences sur le sol algérien, la guerre l'est aussi dans l'Hexagone.
Elle emporte dans la tourmente la IV<sup>e</sup> République, installe De Gaulle au
pouvoir pour de longues années, divise l'opinion publique, fait couler le
sang lors de sombres attentats, aboutit à l'indépendance de l'Algérie et
ouvre nombre de débats polémiques, notamment sur la torture.
S'appuyant sur de nombreux documents et des témoignages inédits,
cette histoire de la guerre d'Algérie retrace le destin tumultueux des
acteurs du drame, célèbres ou anonymes. Pierre L. abandonne avec
femme et enfants sa terre natale en Charentes pour s'établir d'abord à Sidi
Brahim, puis à Sidi Bel-Abbès ; Brahim D. se souvient d'avoir été victime
de discrimination raciale à l'école ; Jean-Paul M., soldat du contingent,
avait vingt ans dans les Aurès ; Ali Bouziane a fait partie du fameux
commando Georges ; Edmée, dont la famille s'implante en Algérie en
1856, évoque avec nostalgie la terre de son enfance...