De la vie approximative

Peut-être tu sauras ô combien j'ai rêvé l'espace sans limites et
le corps ubiquiste ; et c'est pourquoi la vie, aux normes de nos
heures, ne saurait être qu'approximative...
Vivre ? Ou bien plutôt se sentir vivre ? Ce qui me peine,
serait-ce ce sentiment d'impuissance à définir ce qui nous porte
et nous emporte, un peu comme s'interrogerait l'oiseau sur la
nature du vent qui le soulève ?
Donner un sens humain à ce qui semble le caprice d'une
quelconque transcendance, c'est légitime en même temps que
périlleux...
Aussi bien, je me suis contenté dans ce livre de marquer
quelques dissonances, avec en regard, tout autant d'occasions
de se concilier le présent, et d'y repeindre son espace avec les
couleurs de l'air et les humeurs de l'eau.
Et c'est pourquoi toujours je cherche un accord symphonique
avec le temps qui bouscule mes arbres.
L'accord,
C'était tentant, et je n'avais rien d'autre pour cela que la
musique de mes mots.
La musique ! Y a-t-il autre chose contre les preuves irréfutables
de notre inaptitude à l'éternel... ?