A la recherche du conservatisme britannique : historiographie, britannicité, modernité (XVIIe-XXe siècles)

Cet ouvrage se compose de trois essais qui tournent tous autour des
représentations, c'est-à-dire de la manière dont nos actes de création imitent le
monde dans une re-présentation instinctive grâce à laquelle nous nous le
réapproprions. Qu'il s'agisse de perspectives historiographiques ou de la
création de l'identité britannique aux XVII<sup>e</sup> et XX<sup>e</sup> siècles, ou enfin du sens et de
la portée qu'il faut donner à la modernité, j'ai essayé de montrer combien les
angles morts et les projets plus réfléchis s'articulent indissolublement. Voir
plus clair signifie courir le risque du chaos, mais c'est à ce prix que l'on saisit
mieux ce sur quoi nous vivons.
Le premier essai, «Écrire l'histoire», historiographique, fait le point sur
des préoccupations telles que l'illusion rétrospective ou l'engagement de
l'historien que l'on distingue parfois mal de celui d'un témoin qui participe
aux luttes de la cité.
Le second essai, «Devenir britannique entre la Grande Rébellion et la
Révolution française», relève très largement des constructions identitaires où
l'on voit des phénomènes plus conscients que les représentations. En y
utilisant cependant, de préférence, le terme de représentations, j'ai entendu
montrer combien, quel que fût le projet conscient qui présidait à l'extension à
la Grande-Bretagne, dans son ensemble, de valeurs originellement anglaises,
ces dernières se traduisaient très vite dans un idiome d'imitation instinctive du
monde naturel.
Une bonne partie du dernier essai, «Construction et déconstruction de la
modernité : le conservatisme entre Edmund Burke et Michael Oakeshott», se
consacre donc à montrer combien certains conservateurs, parmi les plus
éminents, ont apporté leur pierre à la construction paradoxale de la modernité.