Europe et sciences modernes : histoire d'un engendrement mutuel

Les sciences, telles qu'elles sont aujourd'hui internationalement pratiquées dans les
laboratoires, les congrès, les revues spécialisées, sont pour l'essentiel les héritières
des sciences européennes. Ce volume se propose d'examiner quand et comment
ces sciences et la philosophie naturelle associée se sont déployées en Europe.
L'hypothèse proposée est aussi simple qu'importante : l'Europe en constitution a
rendu possible le développement de ces sciences et de la philosophie naturelle ;
réciproquement, la constitution de ces domaines de savoir a constitué une des
trames les plus stables et profondes qui font exister l'Europe.
Deux périodes semblent décisives pour la constitution de l'Europe scientifique, le
XIII<sup>e</sup> et le XVII<sup>e</sup> siècle. Ce volume ambitionne aussi à contribuer à la problématique
suivante : la «révolution scientifique» du XVII<sup>e</sup> aurait-elle confirmé, poursuivi et renforcé
ce qui s'était passé au XIII<sup>e</sup> siècle, ou au contraire s'agit-il d'une rupture décisive
qui a permis l'émergence de la «science nouvelle» ?