Les cicatrices du vent : itinérance d'une identité

Avec des cicatrices pour identité et un réservoir de soleil pour tout bagage, Yves Gazzo a su, tout au long
de sa vie, coller aux situations et observer la complexité des systèmes humains, en se détachant des sphères
bureaucratiques et des corporatismes. La découverte des autres, de pays et de coutumes, de systèmes politiques
variés, d'identités multiples, assimilées, aliénées, meurtries, métissées, déplacées, le place au coeur d'une quête qui
rejoint et dépasse parfois son aventure personnelle. Témoin privilégié de certains mouvements de l'histoire, parfois
acteur d'épisodes épiques, l'auteur nous livre un récit prenant, mélange d'anecdotes et d'analyses. Il apporte ainsi
des éclairages inattendus sur les événements et ouvre des champs de réflexion d'une brûlante actualité.
Il nous invite à reconsidérer l'évolution souhaitée de nos sociétés, qui n'est pas sans influence sur la façon dont
les identités individuelles se façonnent, s'affirment ou chancellent... Yves Gazzo a comparé, rapproché et confronté
sa propre identité à celles qu'il a rencontrées et observées. L'identité n'est pas qu'un héritage, elle s'acquiert,
se conquiert, s'affirme, se perd, se modifie, se conjugue ou s'oppose en laissant son lot de cicatrices. Aujourd'hui
l'identité itinérante, à l'instar du nomade, a de plus en plus de mal à voyager ; on assiste plutôt au renforcement
d'identités, de regroupements, sur des bases historiques, ethniques etc... Cette tendance pourrait être conciliable
avec le concept de la nation tel que développé par Renan (une volonté de vivre ensemble), une formule qui peut
être étendue à d'autres ensembles, tels que l'Europe ; si ce n'est que depuis quelques temps déjà, revient en force
une autre identité itinérante, s'appuyant sur la, les religions ; volonté de vivre ensemble aussi, mais en excluant
les autres. Y a-t-il pour autant un déterminisme irréversible nous menant au «clash des civilisations» ?
Non si l'ouverture aux autres est cultivée et partagée de façon volontariste en associant les sociétés qui nous sont
voisines, à travers des programmes qui intégreraient, outre des systèmes, l'Homme lui-même, qui doit rester
«l'axe et la flèche de l'évolution» comme souligné par Teilhard de Chardin, un Homme qui, par frustration,
pourrait devenir vecteur de destruction.